Lignes Directrices de Gestion Mobilité : un vrai labyrinthe et un parcours d’obstacles pour les OPA
Avec les Lignes directrices de gestion Mobilité : Encore une fois le dialogue social mis au placard.
En 2025, La DRH engage un processus de révision des LDG mobilités par des réunions de travail avec les organisations syndicales. Néanmoins petit rappel de l’impact des LDG sur le corps des OPA :
En 2020, sans concertation des organisations syndicales, la DRH a fixé de nouvelles modalités relatives à la mobilité, qui n’ont pas été sans conséquences pour les OPA. Le cycle mobilité spécifique aux OPA n’est plus, les Lignes Directrices de Gestion (LDG) ont emporté les OPA dans le processus de mobilité applicable aux agents des ministères MAT/TE et des établissements publics placés sous leur tutelle.
L’ensemble des postes vacants OPA apparait désormais dans les listes de postes nationales et locales des populations de fonctionnaires en fonction de la catégorie (OPA Ingénieur Haute Maitrise en catégorie A, OPA Technicien en catégorie B/B+, OPA Ouvrier en catégorie C).
Le poste vacant OPA est difficilement identifiable sauf parfois par le libellé en référence à un métier spécifique. Il est ouvert au titulaire (fonctionnaire) et non titulaire (contractuel) sans préciser si c’est un poste OPA. Réciproquement les OPA ont accès à « tous les postes » du cycle mobilité.
Depuis que la Fonction publique (sous consignes de Matignon) entrave toutes tentatives de recruter des ouvriers de l’État et que les nouvelles règles de la loi de transformation de fonction publique s’appliquent, la population OPA (env. 1500 en 2025) diminue et ne peut pas alimenter un cycle de mobilité viable dans leur champs d’intervention des missions de services publics des per¬sonnels qui sont sur l’entretien, l’exploitation, la sécurité des usagers et du patrimoine, la prévention des risques, la maintenance hautement spécialisée...
Depuis la mise en œuvre des LDG mobilité 2020, les chiffres parlent d’eux même, en moyenne sur 5 ans, une dizaine d’OPA mutent par an, là où auparavant plus de 200 postes vacants OPA étaient publiés.
Au 1er janvier 2025 seulement 12 agents ont trouvé chaussure à leur pied et si nous remontons sur 1 an, à peine une vingtaine, soit environ 1% des effectifs OPA. Les années précédentes sont du même acabit. La tendance est à la baisse.
Sur cette dizaine de mutations par an, 70% des OPA restent dans leur service d’origine pour une prise de poste locale (changement de fauteuil, de couloir, d’étage…)
Par ailleurs, les intitulés de postes sont de moins en moins en relation avec les métiers historiques OPA. Perte d’identité !
Le niveau ouvrier (considéré comme une catégorie C) ne bouge quasiment pas, compte tenu de nombre très faible d’OPA dans ce niveau de classification (env. une soixantaine d’OPA ouvrier) et dont 80% de la représentativité se situent en MADSLD des collectivités.
Mais cela ne dit pas combien ont tenté leur chance sur un poste vacant et se sont vu refouler. Ni ceux qui ne pourront pas candidater faute de postes spécifiques.
Sur le plan financier, loin de bénéficier de la rémunération du poste de titulaire (fonctionnaire) associé au RIFSEEP (IFSE+CIA) qui est la référence, l’OPA se contente de son régime indemnitaire (PM+PR+CA) qui est très en deçà. Il est à noter que dans bien souvent des cas, les fiches de poste ne font pas référence au régime indemnitaire des OPA. Le régime indemnitaire est un vrai obstacle.
Sur le plan richesse et compétence de la spécificité métier OPA, c’est une perte de maitrise publique pour notre ministère faute de renouvellement des missions OPA.
Un établissement public tire son épingle du jeu dans le cadre de son projet de rénovation, c’est VNF. l’EP fidélise ses effectifs OPA sur les missions très techniques et très spécialisées, mais jusqu’à quand puisque sans recrutement, l’obligation de remplacer le départ d’un OPA s’impose. En attendant, sans OPA, pas de maintenance spécialisée chez VNF !
Pour contrer également le risque de ne pas couvrir les missions dans les services et EP, le ministère use de tous les artifices, les personnels d’exploitation voient leur champ d’intervention élargi aux missions OPA. Cela s’est traduit par une amélioration du RI des personnels d’exploitation, mais introduit pour les OPA le sentiment de déclassement.
Par ailleurs, les services sont amenés à supprimer les postes OPA au départ de l’agent, (poste isolé, missions plus assurée ou externalisée) se servant de cet ETP comme variable d’ajustement pour rendre les postes à la ZGE.
En conclusion :
• Difficultés pour identifier les postes spécifiques OPA à la publication.
• Une raréfaction des postes OPA, mettant en défaut les OPA dans la capacité à obtenir une mobilité.
• Des tentatives qui s’avèrent infructueuses, confère les réponses des services : « le profil qui ne correspond pas, le statut est un frein, le régime indemnitaire OPA ne pouvant être calqué à celui proposé (en général le RIFSEEP), la catégorie de l’OPA inadéquate au poste envisagé, le service qui refuse ou qui se dit inapte à gérer des OPA. Sans parler de l’étiquette négative OPA colportée par des services dénigrant l’image de l’OPA Ingénieur haute maitrise équivalent à la catégorie A ».
• Le dé-pyramidage des postes (De A en B, de B en C) à la publication par les services limite les candidatures.
• Le régime indemnitaire OPA dévalué et non adapté aux fiches de postes du pôle ministériel, qui propose au final le socle indemnitaire de la prime de métier OPA à 2602€ ou si accord le maintien du RI OPA, très loin du niveau du RIFSEEP.
Beaucoup d’OPA sont encore sur des métiers très techniques et ne pourront pas envisager de mobilité. Un désenchantement complet pour ce corps qui ne se retrouve plus dans un ministère en décrépitude.
La piste d’évolution du ministère reste la fonctionnarisation, dont l’aboutissement reste incertain ou très éloigné dans le temps au regard d’un passage obligatoire par la voie législative, sans toutefois régler la totalité du problème.
Retrouver sur le site de FNEE-CGT les retours des réunions de travail sur la révision des LDG.
Il n’est pas du tout sûr que les pistes d’amélioration des LDG Mobilités proposées par l’administration améliorent l’attractivité et l’accessibilité des postes pours les OPA.
